Vers un retour des Gilets jaunes ?
ActualitéRédaction – – 14 min de lecture
Toujours un peu trop fougueuse et indomptable, réfractaire, cette France jaune de gilet et jaune de colère, est le dernier bastion de « jours heureux » prochains et possibles.

Avant d'aborder le sujet, permettez-nous de vous inciter fortement à contribuer, à construire ce collectif. Envoyez vos idées à l'adresse eurovoir "at" tutamail "point" com, ou via nos canaux de diffusion (X ou Instagram). La crise qui vient est telle, que nous devons nous organiser et agir ensemble !
Depuis quelques jours, le spectre d'un retour des Gilets jaunes hante le monde politico-médiatique. Si un ami de la souveraineté pourrait retrouver de l'espoir à la vue de cette potentielle résurgence ; un sceptique prudent pourrait voir une tentative du pouvoir de « faire monter une mayonnaise » (comme entendu lors de la manifestation d'aujourd'hui à Paris), de bricoler quelque chose dans son intérêt.
Revenons sur les éléments dont nous disposons, ce qu'il s'est passé en ce samedi « Acte 0 » d'un potentiel volet II du mouvement des Gilets jaunes et ce qu'il se passe cette semaine ; et essayons de voir ce qu'il peut advenir.
Dans son Manifeste des Enragés (1793), le curé « rouge » Jacques Roux écrivait :
« La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution opère, de jour en jour, par le prix des denrées, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. »
Comme il est tragique que ses mots s'appliquent encore à notre régime de « république » oligarchique.
Une ambiance de résurrection ?
Le mouvement des gilets jaunes a été le fait de mobilisation politique le plus remarquable en France ces dernières années. Pourquoi ? Un mouvement éclectique, horizontal, sans chefs, en vient à « prendre l'Arc de Triomphe » spontanément.
Numériquement, il a sans doute été anodin en comparaison à d'autres mouvements « sociaux » (on pense aux mobilisations syndicales et partisanes). Ce qui lui donne une place à part, c'est l'incroyable rassemblement et l'incongrue unité qui s'est réalisé dans une société française en voie de dislocation, dissoute et peut-être dissolue.
Nous vivons dans une société séparée. Le multiculturalisme régnant[1], le spectacle généralisé, l'atomisation des structures collectives en monades individuelles sont le carcan dans lequel est pris tout potentiel de résurrection de la politique et de l'action collective. Emmanuel Todd parle de « stade zéro de la religion[2] ».
« L’homme séparé de son produit [du travail], de plus en plus puissamment produit lui-
même tous les détails de son monde, et ainsi se trouve de plus en plus séparé de son monde. D’autant plus sa vie est maintenant son produit, d’autant plus il est séparé de sa vie.» [3]
C'est ainsi que l'homme est devenu la marchandise de sa propre vie, comme le décrit peut-être un peu trop bien, le penseur de la Société du spectacle.
Ce mouvement des gilets jaunes a été gage d'espérance collective. Il a été un mouvement de concorde, d'unification par-delà les clivages, les appartenances partisanes, religieuses ou culturelles. En cela, il a été l'acte refondateur - éminemment politique, quoique non politicien - d'une Cité qu'on croyait promise aux ruines.
En cela, à l'inverse d'une société séparée, il a été un moment unificateur, sans prétention de défaire l'hétérogénéité. Il l'a sublimée. Si d'aucuns sont « unis dans la diversité » (c'est-à-dire « faussement » amis, comme nous citions Rousseau dans le premier article de ce site, dans la mondanité), les Gilets Jaunes ont été divers dans l'unité.
Pour parler vite, « il y avait de tout » : des campagnes les plus enracinées aux banlieues les plus périphériques. Si ces mondes ne se sont pas directement parlés, ils ont communié d'une même espérance, gestualisée dans une commune colère.
Dans ses Notes sur la question des immigrés, Guy Debord a cette intuition formidable : « Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession ; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire. et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leurs pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d’autres. Et les Français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement. » ↩︎
On peut ici comprendre religion comme religare à savoir le lien social. Voir son interview sur Fréquence Populaire ↩︎
Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967, paragraphe 33 ↩︎
Impasse (géo)politique et économique
Le choc pétrolier que nous subissons vient renforcer la rapine par l'impôt sur les carburants, véritable sangsue bureaucratique sur les produits du travail, alors que le niveau de vie général s'affaisse.
La pression sur les infrastructures de raffinage est telle au Moyen-Orient, suite aux attaques houthies sur l'Arabie saoudite, conjuguées à la situation toujours incertaine autour du détroit d'Hormuz et les précédentes destructions, que notre approvisionnement en hydrocarbures s'érode drastiquement[1].
Plusieurs stations en France affichent des prix historiquement hauts (approchant les 2€50 voire les 3€), ou tout simplement, sont en pénurie d'essence ou de gasoil. Cette situation, venant se joindre à la crise organisée sur les finances publiques et à la morosité de l'économie française[2], présage d'un moment de bascule qui approche.
L'essence (manquante ou renchérie) aura été l'étincelle qui fit la grande flamme sociale qu'a été le mouvement des gilets jaunes. Il semble que les braises de ce peuple consummé par sa vie quotidienne, soient prêtes à se raviver. L'orage tonne, et les souffles tempétueux se rapprochent.
L'étincelle, the spark comme diraient les Anglo-saxons, pourrait raviver un mouvement plus vaste...
Jacques Sapir, « Situation économique de la France : l’avenir s’assombrit », Fréquence populaire média, 6 septembre 2026 ↩︎
Olivier Berruyer, « PIB à 0,0 % : sans les déficits publics, la France serait-elle déjà en récession ? », Elucid, 17 septembre 2026 ↩︎

Une reprise qui interroge..
Samedi 12 septembre : second mouvement, acte 0
En discutant avec certains gilets jaunes historiques, ils font tous part de leur scepticisme quant à mouvement « apparu sur BFM avant d'être apparu dans la rue. » Connaissant la maison Macron, elle ne serait effectivement pas à une salauderie près. Article 16 ? Dissolution de l'Assemblée nationale ?
Ce jour du samedi 12 septembre dans le Paris amorphe, glacial et atomisé des temps présents ; un observateur attentif pouvait remarquer qu'il n'y avait aucune force de police sur l'avenue des Champs-Élysées : dans les moments de crise, de tension, pourtant, cette avenue est peuplée de camions et de camions de gendarmes mobiles.
Le 8 septembre 2026 apparaît pour la première fois la mention du « 17 octobre » sur X (https://x.com/eyn_dz/status/2097257177954054644). Il semble qu'il faille aller sur TikTok pour creuser davantage.
Sur Telegram, application de messagerie, le groupe « GJ2026 » (t.me/giletsjaunes2026) est créé le 10 septembre 2026, et compte à l'heure où j'écris ces lignes près de 1500 abonnés.
Sur Telegram, application de messagerie, le groupe « GJ2026 » (t.me/giletsjaunes2026) est créé le 10 septembre 2026, et compte à l'heure où j'écris ces lignes près de 1500 abonnés.
On remarque que la croissance que connaît ce groupe à partir de 12h du jour de cet « acte 0 » est assez marquée. Il y a donc, sans nul doute, un effet de diffusion du message et des appels sur les réseaux sociaux. Cela est concomitant avec l'apparition à la 25e place des tendances Twitter de #GiletsJaunes vers 12h.
Une couverture télévisuelle assez étrange
Qui se souvient de la montée des agriculteurs sur Paris en début d'année, sait qu'un jour ou deux avant, les médias mainstream avaient des envoyés spéciaux pour nous parler des caractéristiques complexes de la neige s'abattant en France...
Mais ils n'avaient pas parlé une seule fois du siège de la ferme de Mouriscou, ni de la montée en cours sur Paris.
Or, force est de constater que BFM TV parle volontiers de la résurgence des gilets jaunes.



Une semaine où les grondements souterrains progressent
Manifestation des pêcheurs
⛽️🇫🇷FLASH INFO - Après le port de Sète, les ports de Nice et Toulon sont bloqués par des pêcheurs pour protester contre la hausse des prix du carburant !
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) September 17, 2026
L’hiver arrive. https://t.co/BeEWxpQTFI pic.twitter.com/q1R9usFxCb
« Le mouvement il va devenir national ! »
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) September 17, 2026
D’autres professions vont rejoindre le mouvement si les annonces ne sont pas suffisantes annoncent les pêcheurs en colère. https://t.co/XPXyzLA3bO pic.twitter.com/gtd2VBxJco
Le fléau de la revendication corporatiste
Il semble que les pêcheurs aient levé le siège, suite à une annonce du gouvernement d'une ristourne sur le carburant pour les pêcheurs. On voit ici qu'il est encore des corporations qui croient sincèrement que leur situation peut se maintenir, alors que la situation générale de la nation plonge.
Ce n'est pas une stratégie qui permettra aux pêcheurs de vivre du fruit de leur travail. Évidemment, il n'est pas chose aisée d'être « jusqu'au-boutiste » mais ce gouvernement, ne peut répondre aucunement à une crise qu'il contribue chaque jour à faire germer.
D'ailleurs, on remarquera que le gouvernement est plus prompt à agir face à ce mouvement, qui semble assez « hors de contrôle » que face au « mouvement des gilets jaunes » renaissant. Un gouvernement intelligent devrait essayer d'apaiser la situation intérieure, alors qu'il la renchérit par des provocations dans sa communication, quant à la situationé économique des français.
Vandalisation de stations essence
⛽️🇫🇷 FLASH INFO - Face à la flambée des prix du carburant, certaines stations-service sont vandalisées et pillées dans le nord de la France !
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) September 15, 2026
L’hiver arrive. pic.twitter.com/KEdj15dLpq
« Manifestation des policiers »
Mardi 15 septembre, les policiers du syndicat Alliance-Police nationale manifestaient sur les Champs-Élysées et proches de l'Assemblée nationale. Ils ont réclamé des moyens, au point qu'ils pourraient se mettre en grève, tout en assurant, évidemment, qu'ils assureraient les urgences et les missions essentielles.
Manifestations « de gauche »
.. écologiste à Bercy
Pour y être allé jeter un œil, on remarquera le décalage remarquable dans le « moment politique » avec l'actualité. C'est une manifestation à saluer en ce qu'elle est une dénonciation du manque de moyen, de l'austérité face au changement climatique, comme nous avons pu le constater cet été.
Mais, une mondanité, un agrégat de (hauts) fonctionnaires et d'intellect donne peu de vigueur, peu de « force sociale » à une telle entreprise. C'était devant Bercy : d'aucuns auraient pu imaginer, compte tenu de la souffrance silencée d'un peuple tout autant indifférent que se paupérisant.
Une solidarité paysanne ?
Les canaux de la Résistance paysanne ont relayé le mouvement des pêcheurs. On remarquera également avec intérêt la « scission » des éléments les plus « révoltés » de la Coordination rurale, autour de ceux qui ont résisté à Moriscou et de Pierre Guillaume Mercadal. Espérons que naisse enfin un mouvement apartisan dans la défense du monde paysan traditionnel et de ses racines.
⚓️ LA COLÈRE S’ÉTEND !
— Résistance Paysanne (@ResistPaysans) September 17, 2026
Plusieurs ports de Méditerranée sont désormais bloqués.
Nous, agriculteurs, soutenons nos pêcheurs : mêmes normes absurdes, même disparition progressive de nos métiers, même explosion des carburants.
L’État doit réagir ! pic.twitter.com/jJvkfSRejT
Une semaine à l'ambiance internationale lourdre
Dans l'article publié vendredi, nous alertions quant au recassement de la même histoire et des mêmes logiques bellicistes fuyant une situation intérieure se tendant.
La présidence de la République n'est pas sans rationalité propre. Mais elle est encastrée dans un narcissme et une perversité qui lui font désirer l'attention[1].
Vers une manipulation généralisée de l'opinion ?
Mettre en parallèle la propagande conjointe[2] des États européens contre la Russie, accusée de bellicisme, si bien qu'on en arrive à la Russie de Schrödinger, quantique, tout autant au bord de l'implosion face à sa défaite et son embourbement en Ukraine, que près de prendre Berlin, Bruxelles et Paris avec ses tanks filant à pleine vitesse ; avec une potentielle manipulation médiatique pour « forcer la révolte intérieure » afin de mieux trouver des justifications à la consolidation du pouvoir autoritaire, ne paraît pas infondé.
D’accord avec @Malbrunot et sa source, alors que j’ai récemment eu accès à des sources très informées sur ces sujets. https://t.co/z1FHYyvGvZ
— jean-dominique merchet (@jdomerchet) September 19, 2026
Plusieurs témoins déclarent que la présidence de la République surestime et emploie à dessein la menace russe, comme un épouvantail destiné à manipuler l'élection présidentielle française. Ce qui a marché en février 2022, marchera-t-il en mai 2027 ?
📁🇪🇺FLASH INFO -Les pays européens proches de la Russie renforcent fortement leur défense. Ils présentent ces mesures comme dissuasives. Moscou les considère au contraire comme une escalade et une militarisation de ses frontières.
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) September 19, 2026
Brochures de survie, livrets de crise,… pic.twitter.com/qNsvxeNRcv
..mais une vitalité plus que jamais nécessaire !
Se discipliner, s'organiser et combattre efficacement

Carte recensant les manifestations ou les actions organisées à la date du dimanche 20 septembre.

Entre manifestations déclarées et manifestations « sauvages »
Toutes deux semblent utiles et plébiscitées conjointement dans le mouvement, même si des radicaux du pacifisme comme de la violence, dédaigne l'autre. Elles ne remplissent pas les mêmes fonctions. Une manifestation classique sert à réunir des personnes qui veulent sociabiliser, se rassembler, se montrer. Une manifestation sauvage, d'après les dires de ceux qui y appelle, cherche à bousculer le pouvoir établi.
Le caractère dégénéré d'une manifestation « sauvage », c'est de finir en pillage, comme on a pu le voir à de multiples reprises. C'est-à-dire que la spontanéité, le chaos a dépassé la revendication politique, si bien que l'anomie devient auto-entretenue et la manifestation devient dépolitisée si ce n'est tout bonnement, antipolitique (on pensera aux débordements en banlieue après la ligue des champions, le mouvement « pour Nahel »...)
Le caractère dégénéré d'une manifestation « en règle », c'est de finir en promenade du week-end où le temps suffit à faire le « sale boulot » du maintien de l'ordre (on pensera aux manifestations pendant les retraites, ou à la montée sur Paris en janvier 2026 de la coordination rurale - mentionnée par Pierre Guillaume Mercadal).
Identité numérique : entre exigence d'anonymat et demande de simplicité
« Si vous n'avez rien à cacher, vous n'avez rien à montrer »
Linux, GrapheneOS, et le logiciel libre
Un esprit un tant soit peu informé, remarquant que les ministères ainsi qu'une grande partie de l'administration publique emploie Windows comme système d'exploitation, Office comme suite de bureautique, y verrait un danger pour l'indépendance nationale. Danger car Microsoft étant une entreprise états-unienne, elle est soumise de collaborer avec les services de renseignement états-uniens.
Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act : permet aux autorités américaines d'exiger des fournisseurs de services basés aux États-Unis la remise de données électroniques, qu'elles soient stockées sur des serveurs américains ou à l'étranger.
Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) : autorise la surveillance des communications électroniques d'étrangers situés hors des États-Unis en contraignant les opérateurs et fournisseurs de services de communication américains à collaborer. Dès qu'une entreprise ou une filiale utilise des infrastructures technologiques américaines, elle peut être concernée.
Usa Patriot Act : oblige toute entreprise états-unienne à livrer au FBI des bases de données et des informations personnelles sans autorisation judiciaire préalable.
Services de messagerie
WhatsApp, Telegram, Signal, Session, SimpleX... Il y a une myriade d'applications qui permettent d'échanger des messages avec des tiers - en se passant de numéro de téléphone pour « l'envoi » de messages, car il reste souvent une condition pour l'accès au service.
Or un numéro de téléphone est une trace de plus que vous laissez.
Stratégie d'occupation : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre, à ta place. »
Dans un pays occupé par un pouvoir étranger et soumis à une oligarchie financière, en guerre secrète contre ceux qui se dressent contre elle, il faut faire nôtre ces mots du Chant des Partisans.
Tout est observé, notre monde, notre époque est la rencontre de George Orwell et de Aldous Huxley : « travaille, consomme et ferme ta gueule » est le leitmotiv invisible prếché. Oh, évidemment, dans un habile doublespeak teinté ... voilà qu'ils parlent de liberté, de tolérance, en oubliant que de tolérance, il n'est que des maisons. Leur liberté est la licence de la folie.
Aussi devons-nous avoir ces mots en tête du penseur non-conformiste français Guy Debord, auteur de la sibylline Société du Spectacle (1967) et de ses Commentaires (1988), dans lesquels il écrit :
« Mais l’ambition la plus haute du spectaculaire intégré [comprendre : la conséquence de l'ordre dominant], c’est encore que les agents secrets deviennent des révolutionnaires, et que les révolutionnaires deviennent des agents secrets. »
Il nous faut à la fois nous connaître, entre « partisans » sans parti, entre gilets ; pouvoir se faire confiance, tout en œuvrant pour en connaître le moins possible sur autrui. La rencontre physique et réelle, permet de contourner l'observation généralisée d'Internet et des appareils électroniques.
Être sur un appareil fonctionnant avec des logiciels libres, en se prémunissant a priori de la surveillance - ce n'est pas le b.a.-ba, c'est en fait seulement une condition nécessaire à la confidentialité. En effet, un outil technique n'est utile qu'en puissance : une mauvaise utilisation, de la négligence et vous voilà lisibles par untel qui « écoute ».
Par exemple, les messageries sécurisées et anonymisées, auront toujours la faiblesse de pouvoir rassembler sur une même conversation, un authentique gilet jaune avec un membre des Renseignements généraux. C'est pour cela que la rencontre réelle permet de filtrer, selon la façon de cerner l'« autre » que l'on vient de rencontrer.
Les réseaux et boucles de discussion devraient être changés souvent. Il ne faut jamais s'acquitter de ce qui est. Il faut rester sur ses appuis, mais « prêt à attaquer le ballon. »
Qu'on s'entende, le principe qu'un pays souverain dispose de services de renseignements n'est pas choquant. C'est la recherche de symétrie dans la puissance qui maintient un certain ordre international. Le danger, c'est qu'un service de renseignement d'un État failli, ou bientôt failli, peut se transformer en une sorte de mafia. Qui plus est à l'époque de l'acmé de la Data science ou du développement continuel et toujours plus loin des LLM : sans légitimité sur laquelle repose le pouvoir en place, les éléments sont réunis pour une disparition prochaine des libertés publiques.
Aux armes !
Concluons que, toujours un peu trop fougueuse et indomptable, réfractaire, cette France jaune de gilet et jaune de colère, semble être dans l'Occident moribond et malade, ce dernier bastion de « jours heureux » prochains et possibles ; et dans ce monde que le capitalisme mondialisé a rendu froid et morne, porter en son sein, encore et toujours, l'espérance et la vitalité de l'homme.
