Guerre qui vient. Soupirs anciens.
ActualitéRédaction – – 13 min de lecture
Emmanuel Macron a convoqué les chefs de parti, les services de renseignement, « Conseil de guerre » ? À travers l'exhibition de quelques phrases d'hier, essayons de mieux comprendre le monde qui vient.

Emmanuel Macron a convoqué les chefs de parti, les services de renseignement, pour ce qui semble être un véritable « Conseil de guerre ». Il se réunit ce matin du 18 septembre 2026.
📂🇫🇷FLASH INFO - Selon RTL, la réunion convoquée demain à l’Élysée par Emmanuel Macron réunira également les dirigeants de la DGSI, de la DGSE, de la Direction du renseignement militaire (DRM), du SGDSN ainsi que le directeur général de l’énergie.
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) September 17, 2026
Quelque chose se prépare… https://t.co/4Sr9UPmJfy
À travers l'exhibition de quelques phrases d'hier, essayons de mieux comprendre le monde qui vient : de la révolution française jusqu’à la Grande Guerre, la question de savoir à qui profite la guerre est apparue plusieurs fois. Toujours, la guerre d’agression a été la fuite d’un gouvernement devant la gronde sociale.
Qu’on se garde de dire de nous, voilà des « anti-nationaux ». Il est sans doute des justes motifs de conduire une guerre : l’agression claire et explicite d’une puissance étrangère contre la nation, et à ce titre dans l’éventualité d’une défaite d’une première bataille, la lutte de libération nationale qui suit (ce qu’a été la Seconde guerre mondiale). Mais la propagation mécanique, par le jeu des alliances des gouvernants entre eux, une sorte de jeu de dominos chutant en se propageant, c’est « croire mourir pour la patrie » alors qu’ « on meurt pour les industriels » (Anatole France).
Leçons de l'histoire
6 jours avant d'être assassiné, voilà ce qu'étaient les derniers mots publics de Jean Jaurès :
Eh bien! citoyens, dans l'obscurité qui nous environne, dans l'incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j'espère encore malgré tout qu'en raison même de l'énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n'aurons pas à frémir d'horreur à la pensée du cataclysme qu'entraînerait aujourd'hui pour les hommes une guerre européenne.
Vous avez vu la guerre des Balkans; une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d'hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d'hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille[1].
Songez à ce que serait le désastre pour l'Europe: ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d'hommes. Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l'orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé. Citoyens, si la tempête éclatait, tous, nous socialistes, nous aurons le souci de nous sauver le plus tôt possible du crime que les dirigeants auront commis et en attendant, s'il nous reste quelque chose, s'il nous reste quelques heures, nous redoublerons d'efforts pour prévenir la catastrophe. Déjà, dans le Vorwaerts, nos camarades socialistes d'Allemagne s'élèvent avec indignation contre la note de l'Autriche et je crois que notre bureau socialiste international est convoqué.
Quoi qu'il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n'y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d'hommes de s'unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l'horrible cauchemar.
J'aurais honte de moi-même, citoyens, s'il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d'une victoire électorale, si précieuse qu'elle puisse être, le drame des événements. Mais j'ai le droit de vous dire que c'est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l'orage, la seule promesse d'une possibilité de paix ou d'un rétablissement de la paix.
quelque esprit attentif pourrait voir dans les Balkans d'hier, l'Ukraine d'aujourd'hui. Dans l'armée décimée, la population de l'Ukraine, avec dix millions de déplacés, peut-être deux millions de morts, blessés, disparus. Une guerre pourquoi ? La folie d'Istanbul d'un Boris Johnson ? ↩︎
La guerre comme arme sociale est un thème récurrent, tant parmi ses soutiens que ses contempteurs. En janvier 1792, nous sommes donc encore sous la monarchie constitutionnelle, la République est proclamée le 21 septembre et la guerre avec les autres puissances européennes est déclarée le 20 avril.
Qui déclare la guerre? Qui s’y oppose ? Ce sont « les modérés », le bloc central d’alors, « qui est le vichysme du temps de paix » (Alexandre Sanguinetti, J’ai mal à ma peau de gaulliste) pour reprendre une expression passée à la postérité, qui déclarent la guerre. Le parti de la guerre furent les Girondins, et le parti de la paix fut ce qui deviendrait la Montagne (par opposition à la « Plaine »).
Les Girondins représentaient la moyenne et haute bourgeoisie commerçante. Une guerre victorieuse laissait entrevoir la possibilité de réquisitionner des richesses dans les pays conquis et d'étendre les marchés. Elle permettrait également, et surtout d’ « unir » la nation contre un ennemi extérieur afin d'étouffer les revendications populaires croissantes des plus pauvres (le prix du pain augmente depuis 1791).
Contre l’ « unité » du peuple contre le tyran intérieur, ledit tyran la réalise contre une fiction d’ennemi étranger.
Maximilien Robespierre déclara à ce sujet, dans un Discours aux Jacobins, sur la Guerre le 2 janvier 1792 :
« C'est pendant la guerre que le pouvoir exécutif déploie la plus redoutable énergie et qu'il exerce une espèce de dictature qui ne peut que terrifier la liberté naissante ; c'est pendant la guerre que le peuple oublie les délibérations qui intéressent ses droits civils et politiques.. »
Il poursuit :
« Pendant la guerre étrangère, le peuple, comme je l’ai déjà dit, distrait par les événements militaires des délibérations politiques qui intéressent les bases essentielles de sa liberté, prête une attention moins sérieuse aux sourdes manœuvres des intrigants qui les minent, du pouvoir exécutif qui les ébranle, à la faiblesse ou à la corruption des représentants qui ne les défendent pas.
Cette politique fut connue de tout temps ; et quoi qu’en ait dit M. Brissot, il est applicable et frappant l’exemple des aristocrates de Rome que j’ai cité. Quand le peuple réclamait ses droits contre les usurpations du sénat et des patriciens, le sénat déclarait la guerre ; et le peuple, oubliant ses droits et ses outrages, ne s’occupait que de la guerre, laissait au sénat son empire, et préparait de nouveaux triomphes aux patriciens.
La guerre est bonne pour les officiers militaires, pour les ambitieux, pour les agioteurs qui spéculent sur ces sortes d’événements ; elle est bonne pour les ministres, dont elle couvre les opérations d’un voile plus épais et presque sacré ; elle est bonne pour la cour ; elle est bonne pour le pouvoir exécutif, dont elle augmente l’autorité, la popularité, l’ascendant ; elle est bonne pour la coalition des nobles, des intrigants, des modérés qui gouvernent la France. Cette faction peut placer ses héros et ses membres à la tête de l’armée ; la cour peut confier les forces de l’État aux hommes qui peuvent la servir dans l’occasion avec d’autant plus de succès qu’on leur aura travaillé une espèce de réputation de patriotisme ; ils gagneront les cœurs et la confiance des soldats pour les attacher plus fortement à la cause du royalisme et du modérantisme : voilà la seule espèce de séduction que je craigne pour les soldats ; ce n’est pas sur une désertion ouverte et volontaire de la cause publique qu’il faut me rassurer.
Tel homme qui aurait horreur de trahir la patrie, peut être conduit par des chefs adroits à porter le fer dans le sein des meilleurs citoyens ; le mot perfide de républicain et de factieux, inventé par la secte des ennemis hypocrites de la constitution, peut amener l’ignorance trompée contre la cause du peuple. Or, la destruction du parti patriotique est le grand objet de tous leurs complots ; dès qu’une fois ils l’ont anéanti, que reste-t-il si ce n’est la servitude ? Ce n’est pas une contre-révolution que je crains, ce sont les progrès des faux principes de l’idolâtrie, et la perte de l’esprit public. »
Dans La Libre Parole, journal nationaliste (belliciste), le général Robillot, soutien de la guerre comme arme sociale, déclare le 13 décembre 1914 :
« La guerre seule » je répète, écoutez-moi bien « la guerre seule pouvait nous sauver. C’est alors que la providence s’est manifestée en imposant à l’Empereur Guillaume II de nous attaquer »
Et si c'était-là, la réflexion de notre piteuse oligarchie ? Dans un autre article à paraître ce jour, nous nous interrogerons quant à cette date du 17 octobre. N'est-ce pas une « mayonnaise » que le gouvernement veut voir prendre ? Tout est bon pour déclencher l'article 16 de notre Constitution, qui dispose que :
« Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés (1) d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. »
Cela eut lieu en 1792, en 1870 (avec la guerre franco-prussienne) et sans nul doute en 1914. Pourquoi pas aujourd’hui?
« Parmi les moyens propres à dissoudre l’accumulation des prolétaires, que des promesses exaltent et à qui le travail répugne, beaucoup de personnes mettent au premier rang l’avantage qu’on aurait à déverser dans une guerre étrangère le trop-plein de la population industrielle[1]. »
Si aujourd'hui, l'emploi industriel et nos industries ont été démantelés par l'oligarchie financière qui nous gouverne et ses choix [2] de « politiques publiques »; on ne peut s'empêcher de penser que face aux avancées technologiques et à l'incertitude face au progrès de l'IA, au traitement social du chômage qui s'imposerait devant tant de masses de travailleurs devenues inutiles à la production, abêties par des études supérieures médiocres et massifiées, plus promptes à la consommation qu'à la contemplation ; qu'il n'y ait aucun milliardaire de la Silicon Valley qui n'ait pensé à une solution finale au problème de population.
Par ailleurs, quelle concomitance d'instants ! L'euthanasie et la « bonne mort » sont devenues, ces derniers mois, une prioriété politique, franc-maçonnerie en tête, apôtres du « mon corps, mon choix » dans le cortège ; et toute idée de politique de natalité a disparu. Alors, le problème des retraites ne sera réglé que par la « capitalisation » ou ne sera pas ! Il est pourtant fort audacieux de postuler qu'il est plus aisé de « faire la transition » entre la répartition et la capitalisation, que de se remettre simplement à faire des gosses.
Le Correspondant, journal catholique libéral, 13 mai 1848 ↩︎
On pense encore récemment à Jean Tirole, « prix Nobel d'économie », thuriféraire exalté du néolibéralisme en armes, qui a expliqué qu'il était absurde de vouloir produire en France. La France, pour ce monsieur, ne devrait être qu'un McDonald géant... ↩︎
"On ne va pas rouvrir des usines, c’est un mythe !" 🏭❌
— BFM Business (@bfmbusiness) September 14, 2026
Le Prix Nobel d'Économie Jean Tirole appelle la France à "arrêter de se focaliser sur la réindustrialisation". Un avis que soutient Marc Fiorentino, gérant associé d'Euroland, agacé par le "fantasme" des politiques qui… pic.twitter.com/WP5KaM1RTY
« En dépit des apparences démocratiques, le peuple, on le sait, ne se gouverne plus et ne contrôle plus ses gouvernants. Une petite bande de capitalistes se sont emparé des Conseils d’administration des grandes Sociétés financières; ils tiennent en leurs mains les banques, mines, chemins de fer, compagnies de navigation, d’eaux, de gaz, d’électricité, bref tout l’outillage économique de la France[1]. Dans la Guerre Sociale , j’ai montré comment ils dominent le Parlement, disposent des ministres et prennent à leur soldes, la grande presse qui fait l’opinion publique. Habilement cachés derrière le paravent démocratique, ils sont en réalité les maîtres des destinées du pays (...)
En cas de guerre, il y aurait plusieurs milliards d’emprunts à émettre à Paris, tant pour le compte de Londres que pour celui de la France. Et nos grandes banques ont gardé le souvenir des bénéfices énormes réalisés en 1871 et 1872 [2]. »
Voilà les profits que l’oligarchie financière peut tirer de son intervention dans le conflit. »
« Ça va péter »
Plusieurs fois, au cours de ces dernières années, pouvait-on se dire « ça va péter » : gilets-jaunes, mouvement paysan, dépassement des mouvements syndicats par leurs bases, crise gouvernementale, crise de la dette... Eh, pourtant, non. À chaque fois le statu quo fut maintenu, et l'apathie générale remplaça la ferveur de quelque instant. L'inertie des structures étatiques les fait tenir, quelque part, hors du temps et hors du monde.
Il n'empêche que le jour viendra, et peut-être est-il prochain, où la marche de l'histoire reprendra. Lisons Lénine, en 1920 :
« C'est seulement lorsque "ceux d'en bas" ne veulent plus et que "ceux d'en haut" ne peuvent plus continuer de vivre à l'ancienne manière, c'est alors seulement que la révolution peut triompher. Cette vérité s'exprime autrement en ces termes: la révolution est impossible sans une crise nationale (affectant exploités et exploiteurs).
Ainsi donc, pour qu'une révolution ait lieu, il faut: premièrement, obtenir que la majorité des ouvriers (ou, en tout cas, la majorité des ouvriers conscients, réfléchis, politiquement actifs) ait compris parfaitement la nécessité de la révolution et soit prête à mourir pour elle; il faut ensuite que les classes dirigeantes traversent une crise gouvernementale qui entraîne dans la vie politique jusqu'aux masses les plus retardataires (l'indice de toute révolution véritable est une rapide élévation au décuple, ou même au centuple, du nombre des hommes aptes à la lutte politique, parmi la masse laborieuse et opprimée, jusque-là apathique), qui affaiblit le gouvernement et rend possible pour les révolutionnaires son prompt renversement[1]. »
La plus grande tragédie de notre temps est sans nul doute la désorganisation totale des forces sociales, des forces vives, du monde du travail, de la jeunesse, qui, apathiques pour les plus lucides ou perdus dans des querelles vivant au-dehors du monde - ou seulement dans les centres cosmpolites et mondains des grandes villes, ne sont pas prêtes pour un tel événement que l'histoire impose et attend.
L'aiguille de l'horloge est arrêtée, la réalité disparaît sous l'image, et « sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être[2]...»
Alors, en attendant l' « occasion », comme dit de Gaulle dans un discours que nous relevions dans l'article précédent ; préparons l'unité du peuple contre son oligarchie ; pour que le jour où l'horloge reprend sa course et renoue avec l'histoire, le peuple souverain sache refuser la boucherie.
Des chants d'hier qui résonnent aujourd'hui...
Хотят ли русские войны ? « Les Russes veulent-ils de la guerre ? » est un chant russe qui saisit bien la nuance entre un patriotisme bien pensé, et un bellicisme exacerbé.
Хотят ли русские войны?
Спросите вы у тишины
Над ширью пашен и полей,
И у берёз, и тополей.
Спросите вы у тех солдат,
Что под берёзами лежат,
И вам ответят их сыны:
Хотят ли русские,
Хотят ли русские,
Хотят ли русские войны.
Не только за свою страну
Солдаты гибли в ту войну,
А чтобы люди всей земли
Спокойно ночью спать могли.
Спросите тех, кто воевал,
Кто нас на Эльбе обнимал
(Мы этой памяти верны),
Хотят ли русские,
Хотят ли русские,
Хотят ли русские войны.
Да, мы умеем воевать,
Но не хотим, чтобы опять
Солдаты падали в бою
На землю горькую свою.
Спросите вы у матерей,
Спросите у жены моей,
И вы тогда понять должны:
Хотят ли русские,
Хотят ли русские,
Хотят ли русские войны.
Les Russes veulent-ils la guerre ?
Demandez-le au silence
Sur l'étendue des terres labourées et des champs,
Et aux bouleaux, et aux peupliers.
Demandez-le à ces soldats
Qui gisent sous les bouleaux,
Et leurs fils vous répondront :
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils la guerre.
Ce n'est pas seulement pour leur pays
Que les soldats périrent dans cette guerre,
Mais pour que les gens de toute la terre
Pussent dormir tranquillement la nuit.
Demandez à ceux qui ont combattu,
Qui nous embrassaient sur l'Elbe
(Nous sommes fidèles à ce souvenir),
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils la guerre.
Oui, nous savons faire la guerre,
Mais nous ne voulons pas que de nouveau
Des soldats tombent au combat
Sur leur terre amère.
Demandez-le aux mères,
Demandez-le à ma femme,
Et alors vous devez comprendre :
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils,
Les Russes veulent-ils la guerre.
La conférence de Zimmerwald se tient en 19 dans la commune suisse de Zimmerwald. Elle réunit différents acteurs, de pays belligérants, du mouvement ouvrier, qui veulent que la guerre cesse.
Pionniers rouges, marchons en colonnes,
Nos pas martèlent le sol ;
Drapeaux rouges éclatants au soleil du couchant
Emergeant de la houle des blés,
Nos pas sur le sol semblent dire en cadence :
Tu guideras nos pas, Zimmerwald.
Là-bas, émergeant de la plaine,
Paysan reprend haleine,
De la guerre a souffert bien qu’il n’ait pas de terre,
Aujourd’hui c’est toujours la misère ;
On entend sa faux qui chante dans les blés :
Tu guideras nos pas, Zimmerwald.
Sortant éreinté de la mine,
Regagnant son noir coron,
Le mineur que l’on croise et qui lève le poing
Dit : le monde va changer de base.
Le pic sur le sol, qui creuse le charbon :
Tu guideras nos pas, Zimmerwald.
Voici un régiment qui passe.
Bétail marchant vers la guerre.
Dans les rangs des yeux clairs fixent notre drapeau
Mais l’officier oblige à se taire.
Au reflet des fusils le soleil a écrit :
Tu guideras nos pas, Zimmerwald.
Partout la parole de Lénine,
De Liebknecht et de Rosa
Retentit dans les champs, les casernes, les usines,
L’ennemi est dans notre pays ;
Si la guerre éclate, le bourgeois à abattre
Sera écrasé par Zimmerwald.
Sur la miniature, de gauche à droite : Che Guevara, et Fidel Castro
Nous sommes la jeune France
Nous sommes les gars de l’avenir
Elevés dans la souffrance,
Oui, nous saurons vaincre ou mourir.
Nous combattons pour la bonne cause,
Pour délivrer le genre humain
Tant pis si notre sang arrose
Les pavés sur notre chemin.
Prenez garde ! Prenez garde !
Vous les sabreurs, les bourgeois, les gavés, et les curés
V’là la jeune garde ! V’là la jeune garde,
Qui descend sur le pavé.
C’est la lutte finale qui commence,
C’est la revanch’ de tous les meurt de faim
C’est la révolution qui s’avance,
Et qui sera victorieuse demain.
Prenez garde ! Prenez garde ! A la jeune garde !
Enfants de la misère,
De force nous sommes des révoltés
Nous vengerons nos pères
Que des brigands ont exploité.
Nous ne voulons plus de famine
A qui travaille il faut du pain,
Demain nous prendrons les usines,
Nous sommes des hommes et non des chiens.
Nous n’ voulons plus de guerre
Car nous aimons l’humanité,
Tous les hommes sont nos frères
Nous clamons la fraternité,
La République universelle,
Tyrans et rois tous au tombeau !
Tant pis si la lutte est cruelle
Après la pluie le temps est beau.